SPPPI Paca - Secrétariat Permanent pour la Prévention des Pollutions Industrielles
Enviro' Étang de Berre
Les vertébrés terrestres présents sur la commune de Marseille et leur statut réglementaire
Producteur(s)
Type de producteur
Nature de l'étude
1995
Périmètre
Etude localisée
Thèmes
Mots-clés
Objectif

Dans l'esprit du grand public, la forêt est le milieu de prédilection de la faune sauvage. A l’opposé, la ville est le plus souvent perçue comme un désert faunistique o ù seules quelques rares espèces parasites ou commensales de l'homme réussissent à survivre, voire à proliférer. Cette image est totalement erronée : "l'écosystème urbain" n'est jamais complètement isolé du milieu naturel et, si on peut parler d'un "gradient d'urbanisation" (DEJONGHE, 1983), il n'est guère possible de définir une frontière nette entre milieu urbain et milieu naturel. 

Par ailleurs, la conservation d'un patrimoine, quel qu'il soit, ne peut s'envisager sans la connaissance préalable de son existence. Le patrimoine naturel, même s'il a longtemps été négligé, ne fait pas exception. C'est pourquoi nous nous sommes assigné la tâche de dresser l'inventaire des espèces de vertébrés terrestres présents sur le territoire marseillais afin de pouvoir mieux appréhender ultérieurement le rôle qu'une commune peut (et doit) jouer dans la conservation des espaces naturels et des espèces animales et végétales.


Conclusion

L’action à grande échelle de l'homme sur le milieu naturel a commencé à se faire sentir à Marseille dès l'époque romaine. En donnant l'ordre d'abattre la forêt sacrée des Massaliotes, Jules César fut certainement l'initiateur de la destruction des bois entourant la ville. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de remonter aussi loin dans le temps : les modifications du milieu ont été particulièrement profondes au cours des deux derniers siècles ; l'urbanisation, l'essor industriel et l'accroissement de la population ont eu raison d'une faune réputée riche et variée, et tout particulièrement des grands mammifères. C'est ainsi qu'à la fin du siècle dernier, on constate la disparition de la loutre Lutra lutra, dont un des derniers spécimens présents dans l'Huveaune a été tué au Parc Borély en 1895 et celle du loup Canis lupus dont un des derniers individus signalés dans les Bouches-du-Rhône a été détruit en 1871 à Château-Gombert (VAYSSIERE, 1914). 

Le changement progressif des mentalités vis-à-vis de la nature en général et de la faune en particulier, l'abandon de certaines pratiques particulièrement destructrices tels que le piégeage ou l'empoisonnement systématique a contribué à arrêter le déclin de la faune sauvage, à Marseille comme partout ailleurs en France. Bien que le développement important du milieu urbain ne permette plus la réinstallation d’un certain nombre d'espèces animales de grande taille, beaucoup d'autres animaux ont pu se maintenir sur le territoire communal, soit en se réfugiant dans les zones restées naturelles, soit en s'adaptant à la proximité de l'homme et de ses activités. Dans pratiquement tous les cas, ils ont dû leur survie à leur discrétion. Peu de Marseillais réalisent les richesses naturelles que renferme leur territoire, que ce soit au niveau faunistique, floristique ou géologique. Au contraire, beaucoup considèrent les îles ou les Calanques comme des paysages superbes, certes, mais déserts. La faune est non seulement dans les milieux naturels qui entourent la ville, mais bien souvent au cœur même de la ville. Qui se doute qu'il y a sans doute plus de chouettes hulottes Strix aluco qui se reproduisent dans les parcs urbains que dans les collines alentour ? Il est indispensable que le public prenne conscience de l'intérêt et de l'importance du patrimoine naturel de la commune : alors il pourra avoir à cœur de le sauvegarder.

Ce projet a été financé par l’ARS PACA et la DREAL PACA labellisées PRSE pour la partie Fos-sur-Mer et par l’OHM BMP pour la partie Bassin Minier de Provence.

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