SPPPI Paca - Secrétariat Permanent pour la Prévention des Pollutions Industrielles
Enviro' Étang de Berre
La santé des ouvriers des usines à plomb dans les calanques marseillaises (1851-1878)
Producteur(s)
Type de producteur
Nature de l'étude
2019
L'Escalette, Les Goudes
Périmètre
Etude localisée
Thèmes
Mots-clés
Objectif

Si les ouvriers de l’industrie marseillaise du XIX siècle ont déjà fait l’objet de nombreuses études, notamment sur les questions de main‑d’œuvre infantile, des accidents professionnels, de l’immigration ou encore des pratiques sociales et politiques, le thème de leur santé au travail n’a encore jamais été vraiment abordé, alors même qu’il constitue un sujet diachronique majeur du monde usinier et que les recherches sur d’autres espaces ont déjà montré toute leur fécondité. Cet article entend contribuer au comblement de cette lacune en s’intéressant au problème de la santé des travailleurs des usines à plomb des calanques marseillaises durant le troisième quart du XIXe siècle, une période débutant avec la construction du premier établissement, celui de l’Escalette, en 1851, et se renfermant en 1878, année durant laquelle la crise aigüe qui frappe ce secteur entraîne la fermeture des ateliers des Goudes. 

Quatre éléments ont guidé ce choix et lui donnent sa pertinence.

  • Le traitement des galènes et des plombs argentifères est tout d’abord une des grandes activités de la révolution industrielle dans la région marseillaise. Elle bénéficie à cet égard d’une documentation archivistique importante, offrant les informations nécessaires au traitement du sujet. 
  • Ensuite, la haute toxicité du plomb impacte fortement les conditions de travail et les organismes des ouvriers, faisant de ce secteur d’activité un remarquable observatoire des seuils de tolérance fixés par la société du temps et des attitudes des acteurs de l’industrie face au problème de la santé au travail. C’est d’ailleurs autour du saturnisme professionnel que les historiens ont produit nombre de travaux pionniers sur cette thématique. 
  • En choisissant de s’intéresser au territoire des calanques, cette contribution entend également aborder la question encore en friche de l’impact sanitaire de la relégation des industries les plus polluantes dans les confins des territoires urbains.
  • Enfin, ce secteur marseillais du plomb a développé de fortes capacités technologiques au cours des années 1847‑1878. On sait le rôle ambivalent de l’innovation technique pour la santé des ouvriers : elle peut dégrader les conditions et les environnements, mais permet également de prévenir ou d’éradiquer certains types d’exposition à la pollution et certaines sources de contamination. Sur ce point encore, les usines à plomb des calanques marseillaises se présentent comme un dossier riche d’enseignements.


Conclusion

Trois étapes structurent cette contribution. 

  • Le propos s’attache tout d’abord à présenter les usines à plomb des calanques marseillaises et les ouvriers qu’elles emploient. 
  • Il s’agit ensuite de se pencher sur les techniques de production utilisées par ces établissements, ainsi que sur la nocivité de leurs activités et les pathologies relevées dans le groupe des travailleurs du secteur. 
  • Le problème sanitaire est in fine mis en regard des représentations, de l’action des pouvoirs publics et de la question du progrès technique comme facteur d’amélioration de la santé au travail.

Ce projet a été financé par l’ARS PACA et la DREAL PACA labellisées PRSE pour la partie Fos-sur-Mer et par l’OHM BMP pour la partie Bassin Minier de Provence.

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