SPPPI Paca - Secrétariat Permanent pour la Prévention des Pollutions Industrielles
Enviro' Étang de Berre
Impact sanitaire de la pollution atmosphérique sur l'agglomération de Martigues
Producteur(s)
Type de producteur
Nature de l'étude
2001
Ville de Martigues
Périmètre
Etude localisée
Durée de l'étude
1 an
Thèmes
Mots-clés
Type d'étude
Objectif

Le plan régional pour la qualité de l'air (PRQA), prévu par la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie du 30 décembre 1996 et dont les modalités de mise en œuvre sont précisées par le décret du 6 mai 1998, fixe les orientations visant à prévenir, réduire ou atténuer les effets de la pollution atmosphérique. Il s'appuie notamment sur une évaluation des effets de la qualité de l'air sur la santé publique. Cette évaluation doit également permettre de fixer des objectifs d'amélioration de la qualité de l'air fondés sur des critères de santé publique.

Pour répondre à cette obligation réglementaire en Provence Alpes Côte d'Azur, cette étude a été mise en place afin de calculer l'impact sanitaire à court terme de la pollution atmosphérique sur l'une des grandes agglomérations de la région : Martigues (l’étude menée par l'Institut de Veille Sanitaire sur l'agglomération de Marseille et 8 autres pôles locaux a également permis d'apporter des informations).

La méthodologie suit une démarche d'évaluation de l'impact sanitaire :

  • l'exposition à la pollution atmosphérique est documentée par les mesures de la qualité de l'air du réseau de surveillance AIRFOBEP ;
  • les indicateurs sanitaires étudiés sont la mortalité toutes causes (hors mort violente) et les admissions hospitalières pour motifs respiratoires et cardio-vasculaires.

Enfin, cette étude est également un outil d'aide à la décision par le calcul du gain sanitaire apporté par différents scénarii de baisse de pollution atmosphérique.


Conclusion
Un impact collectif non négligeable

Sur la zone d'étude qui regroupe environ 50 000 habitants, la pollution atmosphérique provoque chaque année 2,85 décès anticipés ainsi que 5,2 admissions hospitalières dont 4 pour des effets cardio-vasculaires et 1,2 pour des effets respiratoires (ces hospitalisations ne concernant que le secteur public) […].

 

Un rôle limité des "pics" de pollution

Si les jours les plus pollués ont un impact sanitaire journalier plus important, leur faible fréquence en limite l'effet sur la totalité d'une longue période. Ainsi, une politique qui se limiterait à éviter les épisodes de pollution ou à ne prendre des mesures qu'à cette occasion n'aurait qu'un impact négligeable en termes de santé publique.

En milieu urbain, c'est donc la pollution atmosphérique dans son ensemble qui doit être considérée comme facteur de risque pour la santé des populations. Il est nécessaire de concevoir la prévention des risques liés à la pollution atmosphérique urbaine, non pas uniquement en terme de "pics" de pollution mais également en termes d'exposition quotidienne à la pollution de fond. Cette étude a ainsi permis d'estimer qu'une baisse globale des niveaux de pollution de 25% permettrait de diminuer le nombre de cas attribuables à la pollution atmosphérique de :

- 30% pour les décès anticipés,

- 27,5% pour les entrées hospitalières pour motifs cardiovasculaires,

- 83% pour les entrées hospitalières pour motifs respiratoires.

 

Perspectives

Les résultats de cette étude pourront être enrichis et complétés par :

  • une meilleure estimation de l'exposition de la population en prenant en compte des indicateurs encore indisponibles comme les PM10,
  • la prise en compte des entrées hospitalières dans le secteur privé qui représentent une part prépondérante sur la zone d'étude,
  • le développement d'indicateurs sanitaires en population générale qui ne se limiteraient pas aux effets nécessitant une hospitalisation.

La communication de ce type de résultats auprès des décideurs, des médias et du public permettrait une meilleure sensibilisation aux dangers de la pollution chronique vécue au quotidien par l'ensemble de la population, de relativiser les effets des "pics" de pollution et, à partir de là, de construire une politique de lutte contre les effets sanitaires de la pollution atmosphérique efficace.

Ce projet a été financé par l’ARS PACA et la DREAL PACA labellisées PRSE pour la partie Fos-sur-Mer et par l’OHM BMP pour la partie Bassin Minier de Provence.

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