Affichage détaillé (Plate-forme Enviro'Étang de Berre)


Avis relatif à l'évaluation des risques sanitaires liés à la consommation de produits de la mer dans une zone impactés par l'usine ALTEO

Objectifs

L'Anses a été saisie le 15 octobre 2014 (saisine n°2014-SA-0223) dans le cadre d'une demande d'autorisation au titre de la réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) déposée en mai 2014 par la société Alteo pour la modification des conditions d'exploitation de son usine d'alumine de Gardanne.

Cette modification consistait en l'arrêt, à la date du 31 décembre 2015, des rejets d'effluents qualifiés de « boues rouges » pour les remplacer par des rejets d'effluents liquides. Le point de rejet en mer reste inchangé et se situe au large de Cassis, dans le Parc national des Calanques créé en 2012.

Le Ministère de l'Environnement, du Développement Durable et de l'Énergie avait souhaité que soit menée une analyse critique indépendante des conclusions de l'interprétation de l'état des milieux et de l'évaluation des risques sanitaires réalisés par l'exploitant.

Néanmoins, l'Anses n'avait pas été en mesure de conclure avec précision sur l'impact potentiel des rejets liés aux activités de transformation de minerai de bauxite de l'usine d'Alteo sur l'état de contamination chimique des poissons en Méditerranée. L'Agence avait constaté la faiblesse méthodologique du plan d'échantillonnage mis en œuvre par l'exploitant, du fait d'une part de lacunes potentielles dans la définition de la zone d'impact et, d'autre part, du fait du faible nombre de poissons prélevés pour chaque espèce dans les études fournies par l'exploitant. L'Anses a ainsi recommandé que soit réalisée une nouvelle campagne de pêche afin de mieux objectiver le niveau de contamination du milieu.

Le présent avis décrit les résultats de l’évaluation des risques sanitaires (ERS) liés à la consommation des produits de la mer pêchés dans la ZI d’une part et dans la ZR d’autre part. Dans le présent avis, l’évaluation des risques sanitaires porte sur les 10 éléments traces métalliques suivants : aluminium, cadmium, cobalt, chrome, mercure, manganèse, nickel, plomb, titane et vanadium. Ce travail permet notamment d’étudier les différences de niveaux d’exposition suite à la consommation des poissons provenant des deux zones. Le travail réalisé ne vise cependant pas à apprécier la conformité réglementaire des poissons présents dans les zones d’étude au regard des teneurs en contaminants réglementés.


Conclusion

En considérant l’unique consommation de produits de la mer et la population des non consommateurs d’oursins, il apparaît que la consommation de poissons provenant de la zone dite impactée entraîne des expositions statistiquement plus élevées en aluminium, cadmium et vanadium par rapport aux expositions calculées en considérant les produits de la mer provenant de la zone dite de référence. Néanmoins, ces différences interzones ne sont plus constatées lorsque l’on considère les expositions totales (calculées via la consommation de produits de la mer et le reste de l’alimentation courante). Cela s’explique par le fait que les produits de la mer contribuent à moins de 3% de l’exposition totale à ces 3 éléments chimiques.
Par ailleurs, pour l’aluminium et le cadmium, les expositions totales sont inférieures aux valeurs toxicologiques de référence retenues. En considérant ces deux éléments chimiques, la consommation de produits de la mer, quelle que soit sa zone de provenance (zone dite impactée ou zone dite de référence), n’est pas de nature à entraîner une préoccupation sanitaire. Pour ce qui concerne le vanadium, en l’absence de valeur toxicologique de référence robuste, l’évaluation des risques sanitaires n’a pas pu être effectuée. Néanmoins, les expositions totales sont inférieures à celles calculées dans le cadre de la 2ème étude de l’alimentation totale (EAT2) pour la population adulte. Ainsi, la consommation de produits de la mer, quelle que soit sa zone de provenance n’est pas de nature à entraîner une surexposition au vanadium par rapport à la population générale.

Pour ce qui concerne le cobalt, le manganèse, le chrome trivalent et le mercure inorganique, les expositions totales calculées ne dépassent pas les repères toxicologiques retenus. En considérant ces éléments chimiques, la consommation de produits de la mer, quelle que soit sa zone de provenance, n’est pas de nature à entraîner une préoccupation sanitaire.

Pour ce qui concerne le chrome hexavalent, le méthylmercure, le plomb et le nickel, les expositions totales calculées apparaissent préoccupantes au regard des repères toxicologiques retenus. Néanmoins, pour le chrome, le plomb et le nickel, la consommation des produits de la mer, qu’ils proviennent de la zone dite impactée ou de la zone dite de référence n’est pas de nature à entraîner une exposition à ces ETM supérieure à celle de la population générale étudiée dans l’EAT2. Pour ce qui concerne le méthylmercure, la consommation de produits de la mer, quelle que soit leur zone de provenance, n’est pas de nature à entraîner des expositions supérieures à celles de la population des forts consommateurs de produits de la mer étudiée dans CALIPSO

Vous souhaitez apporter votre contribution à Enviro'Fos/Gardanne ?Un formulaire de contact est à votre disposition afin de nous faire parvenir de nouvelles études ou vos remarques et éventuelles modifications à apporter au contenu présenté.