SPPPI Paca - Secrétariat Permanent pour la Prévention des Pollutions Industrielles
Enviro' Étang de Berre
Étude préalable sur le drainage des karsts littoraux
Producteur(s)
Type de producteur
Nature de l'étude
2002
Bouches-du-Rhône, Var, Corse
Périmètre
Etude à périmètre élargi
Thèmes
Mots-clés
Objectif

Cette étude a été commandée par l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse. Elle a pour but de préciser l'état des connaissances sur l'hydrogéologie des massifs karstiques littoraux entre l'Etang de Berre et Toulon ainsi qu'en Corse.

Les sources sous-marines et littorales constituent pour les aquifères karstiques méditerranéens proches de la mer une importante fuite difficilement quantifiable. Une étude réalisée pour le compte de la DIREN PACA, entre 1995 et 1998 sur le littoral des Alpes Maritimes entre Cannes et Menton (Gilli, 1995) a permis de détecter plusieurs émergences karstiques littorales et sous-marines et de lever ainsi de nombreux points d’interrogation sur l’hydrogéologie des chainons calcaires de l’Arc de Nice. L’identification et la quantification de ces émergences est en effet une étape nécessaire pour préciser le fonctionnement de ce secteur tributaire des aquifères karstiques et pour permettre une éventuelle utilisation de cette ressource inexploitée.

Une étude similaire a donc été menée dans les Bouches du Rhône, le Var et la Corse. A l’inverse des Alpes Maritimes, ces secteurs ont déjà donné lieu à de nombreuses études ponctuelles (SEM, Universités,…) qu'il convenait d'analyser pour identifier les besoins en études prioritaires. La méthode retenue a donc été de procéder à analyse bibliographique complétée d'enquêtes locales et de terrain auprès de la population locale, des plongeurs et des spéléologues. Cette analyse est un préalable à d'éventuelles campagnes de mesures en mer pour étudier in situ les émergences sous-marines et littorales de la zone d’étude et compléter ainsi la connaissance générale de ce secteur.


Conclusion
  • Hydrogéologie générale :

L’hydrogéologie générale de la Basse Provence reste très mal connue. Le déficit en eau a généralement été attribué à une forte évapotranspiration et l'importance des fuites vers le karst profond semble avoir été sous-estimé. L’absence de grandes campagnes de traçage dans les Bouches du Rhône ne permet que d’ébaucher des suppositions sur le fonctionnement des aquifères du nord de la zone d’étude. Des écoulements profonds sont pourtant suggérés par plusieurs auteurs.

Les débits de Port Miou, s'ils sont exacts, conduisent à imaginer un gigantesque karst profond drainant la Basse Provence. L'organisation spatiale d'un tel système impose d'imaginer une paléogéographie très différente de l'actuelle et qui demande à être précisée. Il serait illusoire d’essayer de définir un schéma hydrogéologique général de la Basse Provence sans connaitre la position des niveaux de base et des exutoires à partir desquels les systèmes karstiques se sont organisés.

  • Conséquences sur la structure géologique de la Provence :

L‘idée d’un karst profond drainé vers la mer implique le franchissement de la limite structurale entre l’unité de l’Arc et l’unité du Beausset. La structure de la Basse Provence telle qu'elle a été définie, autorise-t-elle une communication hydraulique entre ces différentes unités ou faut-il retenir l'autochtonie de l'unité du Beausset comme l'a écrit récemment I. Argyriadis (2000), s'inspirant des anciens travaux de L. Bertrand (1899).

  • Conséquences économiques :

Cette analyse révèle l’existence d’un karst majeur profond dont les réserves pourraient être sollicitées pour AEP, mais pour ce faire, il sera nécessaire de réfléchir à la géométrie du ou des réservoirs. Si l’on admet que le système s’est mis en place au Messinien, à une époque où le niveau de base était très bas, il faudrait rechercher très en profondeur les zones bien karstifées, permettant ainsi
un drainage satisfaisant pour pouvoir mobiliser une ressource intéressante. Les forages de Puyricard à Cuges, et de Coulin à Gemenos, dont l'importance a été soulignée présentent cependant de fortes fluctuations qui devraient se traduire par des crues violentes au débouché du système. Or la faible variabilité des débits de Port Miou (indice voisin de 40) montre que le système est alimenté par un karst profond peu sensible aux variations. Pourtant l’étude des débits montre que la réaction aux pluies d’Aubagne est immédiate. Il est donc très probable que de nombreux compartiments, plus ou moins étagés et plus ou moins lointains, participent à l’alimentation de Port Miou. Les plus proches influencent directement la source, les plus lointains soutiennent un débit de fond avec une réponse atténuée aux précipitations.

L’utilisation de la ressource disponible à Port Miou peut être envisagée de deux manières :

  • à l’exutoire en essayant de s’affranchir de la salinité résiduelle, mais l’expérience de la SEM et du BRGM dans les années 70 et les données actuelles sur la géométrie du réseau montrent la difficulté d’une telle approche.
  • en identifiant, sur le continent, les compartiments alimentant Port Miou et en analysant les risques de contamination saline profonde afin de permettre un forage profond.

Quelles que soient les solutions retenues, la profondeur à laquelle la karstification s’est mise en place reste une donnée essentielle, puisque qu’elle définit les risques de contamination saline et la perméabilité du réservoir. L’exploration de l’amont de Port Miou, et les études bathymétriques et paléogéographiques sont donc des préalables nécessaires à toute tentative d’utilisation de cette ressource potentielle.

Ce projet a été financé par l’ARS PACA et la DREAL PACA labellisées PRSE pour la partie Fos-sur-Mer et par l’OHM BMP pour la partie Bassin Minier de Provence.

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